11 septembre - 25 octobre 2025
73, rue de Seine, 75006 PARIS
Nathan CHANTOB, Nu Homme, 2020, Oil on Canvas, 130x97 cm

Français

La Galerie de Buci présente Vivre dos au mur, exposition personnelle de Nathan Chantob, qui réunit un ensemble de peintures et dessins récents. L’artiste y poursuit une réflexion sur la condition humaine, inscrivant son travail dans le renouveau actuel de la figuration contemporaine.

Nathan Chantob fait partie des peintres qui réaffirment la pertinence du portrait à une époque saturée d’images numériques. À l’instar de Jenny Saville, il met en avant la matérialité du corps et son caractère irréductible face à l’image lisse produite par les médias. Dans la proximité intime qu’il installe avec ses modèles, son approche rejoint les recherches d’une artiste comme Lynette Yiadom-Boakye, dont les personnages fictifs portent un poids de mémoire et de silence.

English

Galerie de Buci is pleased to present Back against the Wall, a solo exhibition by French artist Nathan Chantob, bringing together a new selection of paintings and drawings. In this work, Chantob continues his exploration of the human condition, situating his practice within the renewed vitality of contemporary figurative painting.

Nathan Chantob belongs to a generation of painters who reaffirm the relevance of portraiture in an era saturated with digital imagery. Like Jenny Saville, he emphasizes the materiality of the body, resisting the polished surfaces of media representation. In the intimate proximity he creates with his sitters, his approach resonates with artists such as Lynette Yiadom-Boakye, whose fictional characters carry the weight of memory and silence.

NATHAN CHANTOB
Nathan CHANTOB, 2024, Photo @Oleg Nikishin

Français

Né en 1991, Nathan Chantob a étudié le dessin en Belgique avant de revenir travailler en France. Lauréat du Prix Alain Brugnon de la Fondation Taylor (2021), du Prix National des Arts Plastiques "Éclat International" (2013) et du Prix Spécial de la Société Nationale des Beaux-Arts (2011), il construit une œuvre exigeante, reconnue pour son intensité. En 2023, il a montré son art du monumental avec une exposition à la Collégiale de Chartres, dominée par une fresque de cinq mètres de long.

Nathan Chantob reprend souvent cette phrase, comme un mantra, presque une rumeur : « L’Obscurité la plus dense n’est jamais loin de la lumière la plus vive ». Cette phrase retranscrit le méticuleux travail de contraste dans ses toiles, mais aussi sa quête d’une authenticité brute.

English

Born in 1991, Nathan Chantob studied drawing in Belgium before returning to France. He has received numerous awards, including the Alain Brugnon Prize of the Taylor Foundation (2021), the National Prize for the Visual Arts "Éclat International" (2013), and the Special Prize of the Société Nationale des Beaux-Arts (2011). In 2023, he demonstrated his monumental approach with a major exhibition at the Collégiale de Chartres, centered around a five-meter-long fresco created in situ.

Nathan Chantob often repeats a phrase that serves as both mantra and warning: “The darkest shadow is never far from the brightest light.” This conviction underpins the contrasts in his canvases and reflects his search for raw authenticity.
VIVRE DOS AU MUR

Français

Dans l’œuvre de Nathan Chantob, l’espace pictural devient un champ de tension entre collectif et intime. Cette dialectique structure l’exposition Vivre dos au mur, où se succèdent des scènes de foule et des portraits resserrés, comme deux faces d’une même interrogation : comment l’individu existe-t-il lorsqu’il est pris dans la masse, et que reste-t-il de lui lorsqu’il se retrouve seul face à lui-même ?

Les toiles de groupe telles que Hommage ou Le Seau révèlent une humanité condensée, où les visages se superposent et se frôlent dans un espace sans perspective. L’absence de profondeur accentue la sensation d’étouffement : le spectateur ne contemple pas une scène distante, il est lui-même projeté dans la densité de cette foule. Ce choix formel traduit l’expérience contemporaine d’un monde saturé, où la proximité physique ne garantit ni la rencontre ni la reconnaissance mutuelle.

English

In Nathan Chantob’s work, the pictorial space becomes a field of tension between the collective and the intimate. This dialectic shapes the exhibition Back against the Wall, where crowd scenes alternate with tightly framed portraits, two facets of the same question: how does the individual exist when absorbed into the mass, and what remains when one is left alone, face to face with oneself?

Group paintings such as Hommage or Le Seau reveal a condensed humanity, where faces overlap and brush against one another within a flattened space. The absence of depth heightens the sense of suffocation: the viewer does not observe a distant scene but is thrust directly into the density of the crowd. This formal choice reflects a contemporary experience of an oversaturated world, where physical proximity no longer guarantees encounter or mutual recognition.

Français

En contrepoint, les portraits isolés comme J’Attends la nuit ou Bus donnent à voir des figures retranchées, absorbées dans une intériorité silencieuse. La composition se resserre, le champ visuel se réduit, et le corps devient le seul horizon. Dans ces œuvres, Chantob travaille sur le tremblement du trait et la vibration des ombres, comme pour matérialiser la fragilité de la solitude. Ces personnages ne se définissent plus par leur appartenance à un groupe, mais par leur confrontation au vide.

English

In contrast, isolated portraits such as J'Attends la Nuit or Bus present withdrawn figures, absorbed in a silent interiority. The composition tightens, the visual field narrows, and the body becomes the only horizon. In these works, Chantob explores the tremor of the line and the vibration of shadow, as if to give form to the fragility of solitude. These characters are no longer defined by their place within a group, but by their confrontation with emptiness.

Français

La série des Vierges à l’enfant occupe une position intermédiaire entre ces deux pôles. Elle mobilise un motif iconographique collectif, inscrit dans une longue tradition religieuse, mais le détourne pour en faire un espace d’intimité. La relation mère-enfant y apparaît moins comme une scène sacrée que comme un moment de proximité humaine, fragile, parfois inquiétante. Chantob y montre que l’intime n’est jamais dissocié du collectif, car il porte la mémoire des images et des codes culturels qui nous traversent.

English

The Virgin and Child series occupies an intermediate position between these two poles. It engages with a collective iconographic motif, deeply rooted in religious tradition, yet reinterprets it as a space of intimacy. The mother–child relationship appears here less as a sacred tableau than as a moment of human closeness—fragile, sometimes unsettling. Through this, Chantob demonstrates that intimacy is never entirely separate from the collective, since it carries within it the memory of images and cultural codes that shape us.
LE STYLE NATHAN CHANTOB

Français

Ce va-et-vient entre foule et solitude, entre codes hérités et expériences vécues, constitue l’une des forces de l’exposition. Il permet de lire le travail de Nathan Chantob comme une réflexion sur la condition humaine contemporaine : un individu contraint par la pression sociale et culturelle, mais aussi habité par des instants de retrait où la subjectivité se resserre. Le mur évoqué dans le titre devient alors métaphore de cette double situation. Mur de la foule qui enferme, mur intérieur contre lequel se heurte la conscience de soi.

En articulant ainsi l’espace collectif et l’espace intime, Nathan Chantob rejoint les préoccupations d’une génération de peintres figuratifs qui interrogent le rôle du portrait dans un monde fragmenté. Ses œuvres rappellent que la peinture reste un lieu privilégié pour explorer ces contradictions, en donnant à voir ce que la photo-graphie ou l’image numérique ne peuvent saisir : la densité affective d’un visage, sa résistance silencieuse, la tension entre exposition publique et repli intérieur.

Ce qui distingue Nathan Chantob au sein du mouvement figuratif international est l’entrelacement de ses influences. Héritier du clair-obscur caravagesque et des tensions expressionnistes, il injecte dans sa peinture une énergie issue du graffiti et des cultures populaires. Cette hybridation lui permet de produire des images qui échappent à la pure tradition comme à la simple contemporanéité, pour créer un langage visuel singulier où la frontalité du visage devient un champ d’affrontement.

Vivre dos au mur s’inscrit dans une scène figurative en pleine effervescence, où les artistes redéfinissent les frontières de la peinture en travaillant à partir du corps et du portrait. À travers cette exposition, la Galerie de Buci invite à découvrir un peintre qui confronte le spectateur à la fragilité et à la puissance de l’humain, dans un face-à-face sans concession.

English

This constant movement between crowd and solitude, between inherited codes and lived experience, is one of the exhibition’s central strengths. It allows Nathan Chantob’s work to be read as a reflection on the contemporary human condition: the individual constrained by social and cultural pressure, yet also shaped by moments of withdrawal where subjectivity tightens inward. The wall invoked in the exhibition’s title becomes a metaphor for this dual state: the wall of the crowd that confines, and the inner wall against which self-awareness collides.

By articulating the collective and the intimate in this way, Nathan Chantob aligns with the concerns of a generation of figurative painters who question the role of portraiture in a fragmented world. His works remind us that painting remains a privileged medium for probing such contradictions, offering what photography or digital imagery cannot: the emotional density of a face, its silent resistance, the tension between public exposure and inward retreat.

What sets Nathan Chantob apart within the current international figurative movement is the weaving together of his influences. Drawing on Caravaggesque chiaroscuro and expressionist tension, he also infuses his work with the energy of graffiti and popular visual culture. This hybrid language allows him to create images that evade both academic tradition and contemporary slickness, forging a singular visual vocabulary in which the human face becomes a battlefield.

Back against the Wall situates itself within a dynamic figurative scene where artists are redefining the boundaries of painting through the body and the portrait. Through this exhibition, Galerie de Buci invites audiences to encounter an artist who confronts viewers with the fragility and power of the human condition in an uncompromising face-to-face.

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